Liberté. Liberté chérie.

Cet article et ceux qui lui sont associés sont une réflexion citoyenne inspirée par la terrible montée du rejet en France et dans le monde. A l’heure où le discours populiste est facile à entendre je ressens le besoin d’exprimer une quête plus profonde de qui nous sommes et ce qu’il nous faut construire à présent.

Au sens de l’individu, la liberté représente l’absence de contraintes imposées par un maître, la possibilité de faire ses propres choix. Au sens de la Nation, liberté rime avec souveraineté du peuple, dans un pays où chacun peut se déterminer en dehors de tout préjugé.

La souveraineté du peuple, c’est la démocratie qui se matérialise avant toute autre chose par le droit de vote.

Partant de ce constat, tu comprendras peut-être cher lecteur qu’un peuple qui ne vote pas n’est pas un peuple libre et qu’il n’existe par conséquent aucun espoir de liberté pour un individu, si la communauté dans son ensemble est enchaînée. En d’autres termes, le vote n’est pas un droit, il s’agit, me semble-t-il, d’un devoir qui garantit la liberté de la Nation et des individus qui la construisent. Il est donc essentiel de porter une véritable réflexion sur l’abstention et ne plus négliger l’impact de ces suffrages non exprimés sur notre société.

Il y a indiscutablement une responsabilité forte des hommes et femmes qui nous gouvernent et nous conduisent parfois à la résignation. Mais gardons à l’esprit que celui qui renonce ne punit que lui.

La classe politique est responsable d’avoir troqué ses convictions profondes contre une liste de promesses. Depuis trop longtemps, bien peu de voix s’élèvent pour parler vraiment du chemin à suivre, de ce qui pourrait définir, à l’avenir, une grande Nation. Tout n’est-il que chiffres ? N’y a-t-il comme indicateur que les prévisions économiques ? Quand bien même l’économie serait l’unique fil directeur de notre société, on ne peut se contenter d’appliquer éternellement des rustines sur un pneu dégonflé. Il faudra inévitablement insuffler un air nouveau, pour que la roue se remette à tourner. Face aux échéances électorales (trop?) nombreuses et parce que la politique est bien souvent devenue un métier, le désaccord est, pour beaucoup, un principe préféré aux concessions et au débat. L’expression « Echiquier politique » n’a jamais eu signification plus juste qu’aujourd’hui tant le recours aux manœuvres stratégiques apparaît systématique. Ou peut-être est-ce l’accès croissant à l’éducation et l’information qui nous rendent plus difficiles à duper ?

Nous semblons bien impuissants face à cet appauvrissement de l’offre politique qui nuit incontestablement à notre liberté…

Mais ne sommes-nous pas, nous aussi, responsables ? Responsables de ne pas avoir cherché à renouveler cette offre dépassée en s’engageant nous même en politique. Responsables de censurer, si ce ne sont nos ambitions personnelles, nos convictions. N’avez-vous pas déjà jugé inutile de voter pour un candidat seulement parce que sa victoire vous semblait impossible ? Je crois l’avoir fait au moins une fois. Je crois avoir renoncé pour ne pas me sentir coupable de la défaite des plus grands. Aujourd’hui je m’interroge. De quoi aurais-je été coupable ? Contrairement à cette idée qui plane comme une épée au dessus de nos têtes, voter par conviction et en conscience ne nous rend coupable de rien. La défaite d’un parti reflète son incapacité à convaincre, résultat par exemple de trop de promesses non tenues. Si ce n’est le peuple, qui soutiendra les réformes structurelles qui semblent s’imposer à nos institutions vieillissantes ? Qui contribuera à rajeunir l’Assemblée Nationale et le Sénat, à la fois en âge et en fonctionnement ? Qui d’autre que vous et moi peut-être force de proposition pour construire une Nation qui nous écoute et nous ressemble ?

Il y a un véritable danger à rester immobile, celui de céder au rejet, de négliger nos convictions et leur expression au profit d’une triste colère et d’oublier que notre liberté ne peut s’exercer que lorsqu’elle ne nuit à personne d’autre. De cela nous serions constitutionnellement coupables. Nous ne devons pas accepter ce que j’appellerai « la guerre des certitudes ». Je ne peux imaginer que nos opinions justifient cette violence acharnée, ici pour une équipe, là pour un culte, ailleurs pour une idée que l’on se fait de notre société ?

Je me trompe peut-être mais je crois qu’aucune de nos convictions profondes n’a valeur de vérité universelle, qu’aucun avis n’est péremptoire. Comme en sciences, il y a des expériences qui valident ou non des hypothèses et malgré lesquelles il n’est pas exclu que plusieurs modèles continuent à exister.

Aussi, la question principale n’est pas seulement de savoir quelle hypothèse valider mais si les outils dont nous disposons sont appropriés et si nous savons les utiliser.

#bd

2 réflexions sur “Liberté. Liberté chérie.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s