Vivre en France – Opinion

Le patriotisme c’est l’amour des siens. Le nationalisme c’est la haine des autres. [Romain Gary]

Être Français et vivre en France c’est accepter l’héritage d’un pays à l’histoire parfois glorieuse et parfois honteuse, d’un territoire qui en a colonisé tant d’autres, autour de la méditerranée comme de l’autre côté du pacifique. Cette histoire est celle d’un peuple riche de ses mixités culturelles, ethniques et religieuses qui sont aujourd’hui une chance. Être Français et vivre en France c’est respecter les symboles de notre République et combattre l’exclusion. Le patriotisme, c’est aimer une France mixte et une France ouverte sur le monde, avec un peu d’humilité. Nous n’appartenons pas à un pays exemplaire, c’est pourquoi nous ne pouvons pas condamner systématiquement les erreurs des autres. En revanche, nous pouvons nous placer en exemple et inciter chaque pays à suivre notre marche. La France est peut être un pays où la liberté et les droits de l’homme sont respectés, mais n’oublions pas combien d’années et combien de morts cela nous a coûté…

Espaces colonisés par la France au long de son histoire coloniale (source http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_français)
Espaces colonisés par la France au long de son histoire coloniale (source http://fr.wikipedia.org/wiki/Empire_colonial_français)
Être étranger et vivre en France c’est s’engager à savoir lire, écrire et parler français, car la maîtrise de la langue est indispensable à toute réussite sociale et professionnelle. C’est aussi respecter les symboles de notre République et combattre l’exclusion. Mais être étranger et vivre en France c’est avoir le droit au respect et à la dignité. L’immigration n’est pas qu’une question de chiffres. Il est grand temps de mettre de côté les seules motivations racistes et mathématiques au profit d’une politique raisonnable. Les médias aiment parler des objectifs chiffrés d’expulsion. Qui alimente le débat sur la politique d’intégration ?

Dans un premier temps, arrêtons de considérer qu’en tant que grande puissance mondiale, nous rendons un service à ceux qui choisissent la France pour leurs études ou leur vie professionnelle. N’accusons pas systématiquement l’immigration de coûter de l’argent, d’être responsable de la dette ou du chômage. L’immigration, est une chance. La chance d’accueillir en France des hommes et des femmes qui ont une autre éducation, un autre regard sur notre société. Des hommes et des femmes qui peuvent nous apprendre beaucoup sur nous même. Des hommes et des femmes qui offrent à nos entreprises et nos écoles de nouveaux profiles sources d’innovation et de compétitivité. Des hommes et des femmes qui participent à la vie économique et culturelle de notre pays au même titre que n’importe quel Français. Il est important de faire respecter des règles strictes. Bien sûr, nous ne pouvons pas accueillir de personnes sans travail. Mais nous ne pouvons pas non plus profiter du travail des sans-papiers et les regarder pleurer. Les règles doivent être justes. Par exemple, la durée du titre de séjour adaptée à la durée du contrat de travail ou de formation. Un délai raisonnable doit être accordé aux personnes en fin de contrat pour leur permettre de préparer leur avenir dans de bonnes conditions. Surtout, n’oublions pas que l’immigration est une solution pour diminuer le vieillissement de la population. Elle pourrait être indispensable à la sauvegarde de notre système de retraite. C’est également un moyen de compenser à court terme les déficits de certaines formations et répondre aux demandes exceptionnelles de certaines filières.

Ensuite, si nous voulons effectivement “rendre service”, cela doit se faire de manière explicite pour les deux parties. Mais cela a un prix. Nous pourrions envisager des contrats qui engagent un étudiant ou un travailleur étranger à quitter la France après plusieurs années. En échange, il se verrait attribuer une bourse d’accompagnement pour son projet professionnel. Limités en nombre, ces contrats s’inscriraient à la fois dans une démarche d’aide au développement et de promotion du savoir faire français. Ils contribueraient au rayonnement de la France à l’étranger.

Enfin, osons discuter du statut des étrangers. Faut-il naturaliser davantage ou offrir plus de droits sans naturaliser ? Doit-on être Français pour être citoyen ? Quels droits donner au citoyens étrangers ? Ces questions n’ont pas de réponses simples. Osons nous les poser. Les étrangers issus de l’Union Européenne ont le droit de vote et d’éligibilité aux élections municipales, les autres non. Par exemple, un espagnol en France depuis 5 ans est éligible et peut voter, un congolais en France depuis 20 ans, parlant français, travaillant et payant ses impôts… non. Doit-il changer de nationalité pour obtenir le droit de voter ? Où sont la liberté, l’égalité et la fraternité…

En France, nous avons de belles vies, car ils sont nombreux ceux qui rêvent de vivre ici.

Quelles que soient nos opinions sur l’immigration gardons ceci à l’esprit.

bd

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s